War vord an hent-karr un dra bennak o fiñval e-touez ar geot hir... Petra ? Un naer ? N'eo ket an doare.
Au bord de la route, quelquechose bouge parmi les longues herbes... Quoi ? Un serpent ? Ce n'est pas la manière.
Ur valafenn ? Ponneroc'h. Un touseg ? Skañvoc'h. Ehanañ a ran. Plegañ. Spisañ... Un drouzig iskis.
Un papillon ? Trop lourd. Un crapaud ? Trop léger. Je m'arrête, je me penche, je perçois distinctement... Un bruit étrange.
Fraoñvadennoù e-kreiz an torkad geot-gallek hir ha luziet gant raden ha drez : ul labousig o klask 'n em zieubiñ diwar-bouez un askell,
Des bourdonnements au milieu d'une touffe de "dactyles" longue, emmêlé dans les fougères et les ronces : un petit oiseau cherchant à se libérer au moyen d'une aile,
eben amarret gant geotennoù hir. E strivoù evit 'n em denn' kuit 'deus e luziet muioc'h-mui. War lein e gein emañ..
l'autre amarée dans les herbes longues. Ses efforts pour s'en sortir l'on emmêlé encore plus. C'est en haut de son dos.
Gant evez e krogan el labousig koant gant un dorn. An dorn all a droc'h ar geotennoù zo ouzh en stagañ.
Avec attention, je saisis le joli petit oiseau d'une main. L'autre main coupe les herbes qui l'attache.
Dousik, o tiwall d'en gloazañ, am eus dishualet e askellig, hag e c'har. Skrijañ 'rae al loenig kaezh em dorn.
Doucement,en faisant attention à ne pas le blesser, j'ai libéré son aile et sa patte. La pauvre petite bête frémissait dans ma main.
C'hoant am boa koulskoude d'e virout ur momed, da sellout gant dudi ouzh a bluñv fin glas-louet gant ur c'habell du hag ur bruched melen.
Je voulais cependant le garder un moment, regarder avec plaisir ses plumes fines bleu-gris avec une cape noire et une poitrine jaune.
Div berlezenn jed da zaoulagad hag ur begig lemm ha hir dezhañ. Ha va begata a rae end-eeun ! Ne seblante ket kaout fiziañs ennon tamm ebet,
Deux perles de jais pour les yeux et un petit bec pointu et long. Et il me picotait même ! Il ne semblait pas avoir confiance en moi du tout,
ha me saveteet dezhañ e vuhezig. Aner 'oa din komz outañ e yezh an dud, gant an dousañ gerioù a implijan evit ar babigoù a garan.
moi qui lui ai sauvé sa petite vie. C'était vain pour moi de lui parler la langue des hommes, avec les mots les plus doux que j'utilise pour les bébés que j'aime.
N'am eus ket e zalc'het pelloc'h, re a from en doa ar paourig. Ha nijet eo prim el lijor p'am eus digoret va dorn.
Je ne l'ai pas gardé plus longtemps, le pauvre avait trop d'émotions. Et il s'est envolé de suite à l'air libre quand j'ai ouvert ma main.
Bevet ar frankiz !
Vive la liberté !